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Géologie et matériaux de construction

L'utilisation locale des ressources naturelles telles que les roches ou la terre, pour les besoins de la construction, est tout à fait lisible sur les bâtiments anciens de la commune. Quelques bases géologiques sont nécessaires à la compréhension de cet habitat traditionnel.


    A l'origine de tout, la roche présente à l'ouest de la commune, provient du socle ancien, bordure du Massif du Pilat. On la trouve sur la rive gauche du Rhône et les versants de la vallée du Saluant : il s'agit d'anatexites, de leptynites et de gneiss. Ces roches souvent recouvertes de limons ou d'argiles morainiques, affleurent sur la route en virages qui descend vers St-Clair.

On trouve aussi une roche décomposée par les eaux d'infiltration, "l'arzelle", au contact des roches granitiques et des limons. Le forage d'un puits a permis de remonter du sous-sol (à -13 mètres), des micaschistes chloriteux et du quartz.

Le loess

    Et puis, il y a la terre : le "loess", qui tapisse de grandes surfaces de la commune principalement dans "la Plaine". C'est un sédiment d'origine éolienne déposé à l'époque de la glaciation de Würm, qui se termine à -10.000 ans par une période froide de climat steppique,  alors que le Nord de l'Europe, les Alpes, et les Pyrénées étaient sous les glaces ; les vents forts ont balayé ces surfaces et entraîné des grains morainiques sur de longues distances . Poussière accumulée, silico-calcaire, de couleur jaune beige à ocre, non plastique et perméable, le loess s'altère en se décalcifiant.

Le loess, à la condition de ne pas recevoir d'eau de ruissellement, se tient parfaitement dans les murs : bon matériau traditionnel dans la région, il est mis en oeuvre , entre des lignes de mortier espacées au XIXième siècle, plus resserrées au début du XXième. Il aime à respirer et réagit mal aux enduits imperméables. Dans le secteur du Nord-Isère c'est l'appellation "pisé" qui prévaut.

On peut observer que ces pisés diffèrent selon les villages; les terres contenant parfois des petits galets et pouvant être aussi plus argileuses qu'à St-Prim.

Le pisé



Le pisé a beaucoup de qualités : la facilité et la rapidité de mise en oeuvre (terre crue additionnée d'eau, malaxée, banchée, compactée) la solidité, l'isolation phonique, l'absorption de la chaleur environnante, la régulation de l'humidité de l'air qui favorise un climat sain. Et il n'est pas nécessaire de le protéger par un enduit.

Les pierres de Saint-Prim.


 C'est le glacier de Bièvre-Valloire qui a été à l'origine des dépôts morainiques de notre région, constitués principalement par des "argiles à cailloutis" : la matrice argilosableuse teintée par les oxydes de fer, contient les galets de "quartzite"] patinés, très durs, qui ont servi à l'édification des murs. (On notera avec quel soin on a effectué le calibrage et la pose de ces galets). Ils sont bien visibles sur le plateau de Glay ; leur taille varie de quelques centimètres à plus de 30 cm. Les sols arables qui les contiennent sont propices aux vergers. Quant aux petits galets et au sable de la Varèze, ils proviennent eux, des alluvions fluviatiles post-glaciaires du Rhône.

    On a ainsi construit avec tout ce dont on disposait localement (loess, anatexites, gneiss, galets de quartzite, graviers et sable de la Varèze), en conservant les bonnes pierres de la famille des granites pour les soubassements des bâtiments.

La molasse


Tout près de Vienne à l'est de la ville, on extrayait la "molasse" des carrières souterraines creusées dans les alluvions d'époque miocène. Constituée de sables consolidés, elle a fourni un matériau compact, léger, qui se taillait facilement, et durcissait à l'air. Elle a été employée en particulier pour l'édification de la cathédrale de Vienne. La molasse se retrouve aussi le long de la Varèze à Auberives. De couleur ocre jaune, elle est bien visible sur les façades de notre église, des fermes, des granges,et des anciens bâtiments.

  C'est ainsi, sur ces pierres et cette terre ... que les villageois de St-Prim ont bâti leur église, leurs murs et leurs maisons en "pisé" qui sont caractéristiques du Bas-Dauphiné.