Les boîtes à livres ont bonne presse
Article du Dauphiné Libéré

habitants, notamment à où il n'y a pas de médiathèque.
Les boîtes à livres, petite bibliothèque en service libre disséminées dans un grand nombre de communes du pays roussillonnais, font le bonheur des lecteurs, surtout sur les communes no dotées de médiathèque.Avec des lieux publics fermés, elles ont souvent fait des heureux pendant la période de confinement en 2020. Elles ont fait leur apparition en France au début de années 2010. A la fin du siècle dernier, en Autriche, les plasticiens et photographes Michael Clegg et Martin Guttmann, dans un esprit de citoyenneté et de liberté, ont eu l'idée de détourner l'usage du mobilier urbain pour le transformer en bibliothèque hors les murs.
Le concept est repris aux Etats-Unis avec un certain Todd Bod qui fonde en 2009 l'association à but non lucratif le Little Free Library (petite bibliothèque gratuite).Certaines sont fabriquées en série tandis que d'autres sortent des mains expertes de menuisiers locaux, professionnels ou non.
Dans le pays roussillonnais, le phénomène n'échappe pas à la règle. Une douzaine de boîtes à livres sont gérées par les mairies, les médiathèques ou des particuliers. C'est le cas à Saint-Prim avec l'association Cœur de village. Installée par les services techniques de la mairie sur la place de l'église dans une niche qui abritait autrefois de l'affichage, cela fait trois ans qu'elle fonctionne. De plus, les livres sont à l'abri des intempéries grâce à des vitres coulissantes. « A Saint-Prim, nous ne disposons pas de bibliothèque et la plus proche est à Saint-Maurice-l'Exil. Nous passons fréquemment pour voir comment elle fonctionne. Nous voyons qu'elle s'autoalimente régulièrement mais nous sommes vigilantes par rapport à son contenu. Il ne s'agit pas qu'elle serve de rebut ou que certains ouvrages puissent porter atteinte à la sensibilité des gens. On se rend compte que ce sont les livres "feel good" qui partent le mieux. Il en faut pour tous les goûts », commente Frédéric Faury, la présidente de l'association Cour de village. En accès libre, il n'y a jamais eu de dégradation. La boîte à livres trouve également son essor grâce à la maison de soins de suite, le Mas des Champs, située tout près. Elles sont quatre bénévoles à se relayer avec l'impression d'apporter une valeur ajoutée culturelle sur la commune.
D'autres communes ont été contactées (lire par ailleurs) et il apparaît que la plupart des boîtes à livres fonctionnent très bien. Si les bibliothèques municipales acceptaient des donations de particuliers, aujourd'hui, ce n'est plus vraiment le cas et par conséquent, c'est l'occasion pour ces derniers de s'en séparer et de ne pas les mettre au rebut. Ces boîtes à livres qui acceptent d'autres médias, comme des revues, des CD ou des DVD, sont aussi l'occasion de dénicher des pépites, notamment de la littérature ancienne que l'on ne trouve pas forcément dans les médiathèques. Elles ont aussi le pouvoir d'attirer des lecteurs qui ne franchiraient pas forcément la porte d'une médiathèque. Marie-Hélène CLO
À Saint-Prim, la boîte à livres est gérée par Dominique Leclerq et Frédérique Faury, deux bénévoles de l'association Cœur de Village
